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Hommage à George Floyd, manifestation contre les homicides racistes de la police

Manifestation à Montpellier le 3 juin 2020, © photo Radio Gi·ne

Pour ce mercredi 3 juin 2020, un appel a été lancé à Montpellier suite à la mort de George Floyd aux États-Unis, afin de manifester contre le racisme de la police et sa violence meurtrière. Cette violence fait écho aux interpellations “musclées” qui, en France, ont elles aussi causé la mort de trop nombreuses personnes d’origine africaine ou nord-africaine. On se souvient notamment de la mort du jeune Adama Traoré pour qui sa famille réclame justice depuis près de quatre ans. Cette justice, depuis le 19 juillet 2016, peine à venir, comme c’est souvent le cas quand des policiers sont mis en cause. Sa lenteur laisse alors monter un sentiment d’impunité au sein d’une partie de la population. Régulièrement, les enquêtes stagnent ou sont classées sans suite, pendant que les policiers incriminés continuent fréquemment d’exercer leurs fonctions.

Prise de parole devant le Palais de Justice de Montpellier, © vidéo Radio Gi·ne

La manifestation de ce mercredi 3 juin a comptabilisé plus de 5000 personnes à Montpellier. Elle a mobilisé un nombre assez impressionnant de jeunes. Le message « Black lives matter » était celui que l’on pouvait entendre et lire tout au long de la soirée dans les rues de la ville. Pourtant, s’il semblait être le moteur de ce mouvement, il était également accompagné d’autres slogans dénonçant une police sans retenue. Parfois même, certaines incompréhensions ont créé des échanges vifs entre manifestants : au cri de « tous ensemble », d’autres ont opposé le slogan de « Black lives matter » ou de « unissons-nous », afin de souligner que, de fait, nous ne sommes pas « tous ensemble ». Les échanges étaient parfois confus, mais les personnes semblaient toutes disposées à entendre ces subtilités afin de prendre au sérieux le sens des mots et de respecter les personnes qui y attachaient de l’importance.

En France comme aux États-Unis, le racisme est inhérent à l’histoire du pays. Régulièrement, il émerge au sein même des institutions censées être garantes des principes d’égalité et de fraternité. Il se manifeste dans le quotidien des citoyens de manière parfaitement ordinaire, et peine à être combattu autrement que par la révolte d’une partie de la population, généralement celle-là même qui fait l’objet de discriminations récurrentes. Dans le même temps, la police et l’armée comptent parmi elles plus de 50% de personnes votant en faveur de l’extrême-droite… sans que cela semble scandaliser personne.

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