Hommage à Steve Maia Canico, 24 ans, mort à Nantes dans la nuit du 21 au 22 juin 2019, lors de la Fête de la musique, suite à une intervention policière.

Manifestation des Gilets Jaunes sur la place de la Comédie à Montpellier le 3 août 2019. © Photo Radio Gine.

Texte lu sur la place de la Comédie, à Montpellier, le samedi 3 août 2019 à 14h30, par la Commission juridique des Gilets Jaunes de Montpellier.

En mars 2017, Emmanuel Macron, alors candidat aux élections présidentielles, déclarait qu’il n’y avait « aucune bonne raison pour expliquer les violences policières ». Deux ans plus tard, il réfute le terme même de « violence policière », son ministre de l’intérieur Castaner déclare qu’il « ne connaît aucun policier qui ait attaqué un gilet jaune », et son secrétaire d’État Nunez affirme que « ce n’est pas parce qu’un œil a été éborgné, qu’une main a été arraché, que la violence est illégale ». L’ignominie de l’État est sans limite.

À Nantes, les policiers ont sauvagement attaqué des jeunes au prétexte qu’ils dansaient trop tard. Ils ont tué Steve, et ils ont failli tuer de nombreuses autres personnes. Malgré l’évidence, les autorités s’enlisent dans l’indécence : la police, par la voix de l’IGPN, estime qu’il n’y a jamais eu de charge, que les principales victimes sont d’abord les policiers, et, qu’au fond, ce serait d’abord de la faute de ceux qui n’ont pas coupé la musique à la bonne heure. Qu’on se le dise : en France, en 2019, on peut mourir pour quelques notes de musique de trop.

Tout le monde déteste la police, parce que Zineb, Aboubacar, Rémi, Adama, Angelo, Liu, Zyed et Bouna, et combien d’autres, ont été lâchement assassinés par des forces de l’ordre, dont on se demande encore quel lointain rapport elles entretiennent avec l’ordre.

Tout le monde déteste la police, parce que Casti, Yvan, Kaina, Laurent, Geoffrey, Virgile, Axel, Dylan, sans oublier tous les autres, ont tous été gravement blessés par les policiers de Montpellier.

Tout le monde déteste les juges, parce que Farid, accusé d’avoir cassé des banques, a été condamné par un juge de Montpellier à 3 ans de prison, parce que Ladislas, Jonathan et Vieux Ben croupissent aussi en prison, ou bien encore parce que Gabriel a fêté le 27 juillet dernier ses 28 ans à Villeneuve les Maguelone, dans une cellule de 9 mètres carrés où il devra croupir encore 2 ans, et à qui l’assemblée de Montpellier contre les violences d’État et pour les libertés souhaite malgré tout un bon anniversaire.

Nous vous invitons toutes et tous à vous rassembler le 4 août prochain à 20h devant la prison de Villeneuve les Maguelone pour exprimer notre solidarité avec les prisonniers.

« Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie mais son évolution par temps de crise » [NDLR : Bertolt Brecht]. Face à l’impunité policière, à l’horreur carcérale, à l’injustice des juges, il faut tenir la police en respect par tous les moyens nécessaires et établir un rapport de force face à l’État. Pas de justice pas de paix !

Commission juridique, Gilets Jaunes de Montpellier

Manifestation des Gilets Jaunes devant le Commissariat de Police de Montpellier le 3 août 2019. © Photo Radio Gine.

Manifestation des Gilets Jaunes sur la place de la Comédie à Montpellier le 3 août 2019. © Photo Radio Gine.
Manifestation des Gilets Jaunes devant le Commissariat de Police de Montpellier le 3 août 2019. © Photo Radio Gine.