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Point de rencontre !

Montpellier, lundi 23 mars au soir, l’AHM distribue des repas aux personnes à la rue.
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Gilets bleus « social » pour diriger les « sans-domicile » vers le point de rendez-vous des repas. Gilets oranges pour gérer l’encadrement, et gilets jaunes pour la distribution des repas et des trousseaux d’hygiène. L’AHM (Association Humanitaire de Montpellier) est de plus en plus organisée.

« Le premier jour, je vous cache pas que c’était difficile, nous confie Aïcha Baghaz, directrice de l’association. Tout le monde se précipitait et se bousculait […] Depuis, on s’est organisés, on met des marques au sol et les personnes respectent mieux. J’ai l’impression qu’ils ont besoin de visualiser pour comprendre. Les marques au sol, ça marche bien. »

Depuis le début du confinement, des choses se sont arrangées. Notamment, notre appel concernant nos ruptures de stocks pour les denrées a été entendu. Un lycée nous a donné des produits de sa cantine qui étaient proches de péremption. Comme on distribue le soir-même, c’est bon au niveau des dates limites. On a également eu Domino’s Pizza qui nous a donné une centaine de pizzas. Paul [NDLR. la viennoiserie] nous a aussi donné des produits qui auraient été jetés. »

Marie et Xavier, à Montpellier le 23 mars 2020.
© Photo Radio Gi•ne

« On a également envoyé un mail au préfet. Nous avons réussi à obtenir des autorisations, et surtout, maintenant, on a des masques et des gants. Ça permet également que la police ne nous embête pas. Ils savent ce qu’on fait et on est tranquilles. » Par ailleurs, un bénévole est venu avec sa moto pour repérer les personnes isolées. Pour ceux qui ne peuvent pas venir jusqu’à la gare, ou qui ne seraient pas informés, ce système permet de distribuer la nourriture un peu plus loin.

Concernant le logement, c’est plus compliqué. La préfecture informe avoir mis à disposition « deux gymnases à Montpellier avec distribution de repas et accompagnement par la Croix-Rouge. » Également, « un dispositif pour les personnes Sans Domicile Fixe avec animaux a été ouvert. » Cependant, « il y a peu de place, nous précise Aïcha Baghaz, 25 places environ par lieu. » Ceux qui sont venus ici prendre leur repas confient qu’ils dorment à la rue, ou bien dans un squat. Une des personnes affirme par ailleurs que demain, quoi qu’il arrive, elle ira à Paris.

Pour finir, l’Association Humanitaire de Montpellier distribue des « kits hygiène » dans lesquels les bénéficiaires peuvent trouver savons, rasoirs, papier toilette… et masques quand c’est possible. En plus des denrées alimentaires, l’AHM offre ainsi de quoi aider au mieux celles et ceux qui sont en quelque sorte « enfermés dehors ».

Le rendez-vous vers la gare (à Antigone le week-end) est ainsi un moment pendant lequel les personnes passent un moment humain qui les aide à sortir de la torpeur actuelle. Le désert des villes est en effet aussi une punition pour celles et ceux qui n’ont pas de logement. Privés de contacts, ils sont aussi privés de leur seule source financière, la mendicité. Alors que le monde assigne sa population à domicile, certains n’ont d’autre choix que de rester seuls dans les rues. Plus seuls encore qu’avant le confinement.

Pendant ce temps, les rues de la ville, désertées, n’ont pas autant de vie que ce point de ralliement.

Montpellier, 23mars 2020 © Photo Radio Gi•ne
Montpellier, 23mars 2020 © Photo Radio Gi•ne
Montpellier, 23mars 2020 © Photo Radio Gi•ne

Contact Association Humanitaire de Montpellier: 07 83 04 38 16

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